Réunion Zoom Dv du 26 mai : histoire du séga à la Réunion

27 Mai 2020

Réunion zoom DV Mardi 26 mai 2020

Animateur : Alexin

Participants : Richard, Catherine, Jean-Philippe, Nicolas, Thierry, Chantale, Sandra, Suzelle, Joséphine.

Thème : L’histoire du séga de La Réunion

Bruno Ecsyl nous a expliqué l’histoire de la genèse du séga dans l’Océan Indien.

L’Histoire du Séga à La Réunion

"Tschiega est le premier mot qui vient du Mozambique et qui définissait cette musique afro-malgache. C’est à partir des années 1920 que le mot Séga fait office de cette musique contemporaine alors que le Séga originel est devenu le Maloya", explique Fanie Precourt, Responsable de la mission patrimoine et ethno musicologue au pôle régional des musiques actuelles. Elle ajoute : "On découvre le séga des Seychelles, de Madagascar, de Rodrigues et on découvre aussi qu’il y a trois îles de l’océan Indien qui n’ont pas de Séga : Mayotte, Les Comores et Zanzibar."

Avant-propos, Jean-Max Cazanove : "Séga et maloya désignent deux types de musiques, chants et danses propres à la population de La Réunion. Nés à l’époque de l’esclavage et de l’engagisme, ils expriment l’identité créole ainsi que le métissage culturel entre des traditions musicales venues d’Europe, d’Afrique, de Madagascar, d’Inde... C’est bien pourquoi la population de l’île éprouve un attachement égal pour le séga et le maloya.
Le maloya a acquis en 2009 une reconnaissance planétaire après son inscription par l’UNESCO au patrimoine mondial de l’Humanité. Mais le séga, qui n’a pas eu le même honneur, est aujourd’hui menacé par d’autres formes musicales qui bénéficient d’une très forte promotion grâce aux moyens modernes de communication. La marginalisation du séga est encore aggravée par le fait qu’il n’existe aujourd’hui aucun document de référence expliquant de façon complète et illustrée ses techniques de danse telles qu’elles se pratiquaient jusqu’au début des années 1950."

C’est pour combler cette lacune que ce travail a été réalisé. Il se compose de :

  • un livre qui comprend : une brève histoire du séga écrite par Hô Hai Quand
  • un « codage » réalisé par Jean-Max Cazanove avec l’aide de Sabrina Latchimy Anandy et illustré par Pierre Huffner
  • un DVD réalisé par Laurent Lindebrings avec l’aide d’Alejandra Magnasco. Ce DVD présente des danseurs et danseuses exécutant les différents pas, mouvements et figures de base du séga. Ces démonstrations permettront à ceux qui souhaitent apprendre cette danse ou l’enseigner de disposer d’un outil pédagogique efficace
  • un CD comprenant des musiques composées par Jean-Max Cazanove. Ce coffret résulte d’un travail d’équipe. Il n’aurait jamais pu voir le jour sans la participation de ceux que j’ai cités ci-dessus mais aussi de Maryse Rivière qui a confectionné les costumes tels qu’ils existaient autrefois, de Sabrina Latchimy Anandy qui a apporté de multiples corrections et améliorations à l’écriture du codage et bien évidemment de toute la troupe des Compères Créoles qui est composée non de professionnels mais d’amateurs passionnés, désireux de transmettre un héritage en danger.

Les autres îles françaises de l’océan Indien

En même temps qu’elle développait l’économie du café à La Réunion, la Compagnie étendit progressivement sa domination sur les principales îles du sud-ouest de l’océan Indien. Dès 1715, elle s’empara de Maurice que les Hollandais avaient complètement délaissée pour aller s’installer au Cap de Bonne-Espérance. Le but de la Compagnie était d’y fonder un port militaire pour défendre La Réunion contre d’éventuels ennemis. En 1725, elle prit possession de l’île Rodrigues. Puis, entre 1742 et 1756 elle s’annexa les Seychelles pour y créer une base navale sur la principale route maritime conduisant à l’Inde.
Certes, toutes ces îles étaient déjà connues des navigateurs arabes et servaient parfois d’escales aux navires portugais, français, anglais et hollandais. Mais quand la France en prit possession, sur aucune d’elles ne vivaient des populations définitivement établies. C’est la Compagnie qui, pour les besoins de sa politique coloniale, y installa des hommes et femmes venant pour l’essentiel des mêmes horizons géographiques. Il n’est donc pas étonnant qu’on retrouve dans toutes ces îles de nombreux éléments culturels communs, dont le séga, avec des variantes locales.
Il est fondamental de noter que le séga, comme genre musical traditionnel, n’existe dans aucune autre île de l’océan Indien que celles qui viennent d’être mentionnées, ni à Madagascar, ni dans l’archipel des Comores (Grande Comores, Anjouan, Mohéli, Mayotte), ni dans l’archipel de Zanzibar (Unguja, Pemba et Mafia). Il en est ainsi parce que quand les premiers navires français arrivèrent au 17e siècle dans l’océan Indien, dans ces îles des populations étaient installées depuis longtemps avec toutes leurs traditions, coutumes, musiques, danses... Pendant tout le 17e siècle et le 18e siècle, il n’y eut aucune tentative de colonisation française, sauf à Madagascar. Cette tentative se solda rapidement par un désastre : la Compagnie fut chassée de Fort Dauphin dès 1674.

Quelques liens

Ségas musique et danses de l'Océan Indien, document PDF (nouvelle fenêtre)

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Enregistrement de la réunion

Pour tous ceux qui n'étaient pas présents et pour ceux qui veulent réécouter :